Serge Casoetto : écrivain, lecteur, auteur conseil

Récits


roman

 

                                                              

 

              

 

               

                                                                RECIT

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"BROCELIANDE"

 

 

 On lui avait dit que les sirènes des bois s'appelaient des nymphes, celles des forêts des dryades, celles des ruisseaux des ondines. Il n'aurait jamais pensé que l'une d'entre elles existait vraiment et qu'un jour elle viendrait s'asseoir sur la racine d'un chêne, baignant presque ses pieds dans un ruisseau au lit d'argent et qu'elle allait ouvrir la voie à un autre chemin de vie où seuls les magiciens et les sirènes pourraient se rencontrer, rire, chanter et cueillir l'authenticité de leur amour...

 

Je commence là le livre de notre histoire. Celle que rien ne peut atteindre, celle qui, commencée en nuitée multifruitée sur la lisière des parfums d'une île magique, on croyait tous deux par personne ne jamais pouvoir être dénaturée.

Nous étions purs et invincibles...Toi, petite sirène des bois, et moi, petit magicien, tous deux seulement lovés et unis d'un fil invisible, tissé par les étoiles de nos yeux, sans avoir le droit de nous toucher, te souviens-tu? Nous étions assis sur les racines du tronc d'un chêne séculaire...Nous étions sages même si en gourmandise.

C'est notre histoire et ça personne ne pourra jamais nous l'enlever. Une histoire unique, gorgée de rythmes d'émois, de danse des mots et de musique-sensualités où la confiance et la poésie de notre passion venaient se fondre et se confondre et où la fusion nous était conquise puis acquise en nos corps brûlants autant qu'en notre coeur-âme pureté.

J'en écris aujourd'hui la première page avant de la tourner d'un glissement de doigts et de déposer un sourire-baiser sur l'image que je veux garder encore de toi...celle d'une petite cerise resplendissant de bonheur sous le bleuté neigeux du Mont-Blanc.

J'écrirai chaque jour ce roman, le nôtre, qu'il ne tiendra qu'à toi de poursuivre ou d'arrêter...encore faut-il que de la "cerise" puisse en mûrir une quintessence que tu saches, en plus de mon humour, enfin discerner.

Alors voilà l'histoire de David et Sandrine...

C'était une nuit de printemps...Une nuit douce où même les oiseaux nocturnes encapuchonnaient leur cou sous une nuée d'étoiles pour mieux se captiver d'un sommeil profond.

Dans la matinée, au large d'une île, David avait croisé de son regard de braise une jeune naïade qui se diluait de sa nage fluide dans l'eau turquoise d'une petite baie. Il avait alors approché la proue de son voilier à portée de cils de celle qu'il allait troubler. En ce jour ils ne se dirent pourtant aucun mot. Rien ne fut prononcé. Juste une esquisse de sourire sur le clapotis des vagues qui suffit à les rendre assez habiles pour savoir plus tard se retrouver. Et pourtant, pouvaient-ils seulement se douter que de cette troublante rencontre allait se féconder plus tard de mirifiques étoiles?...

Ce fut donc une nuit qui allait les rapprocher. Une nuit du mois de mars. Rendez-vous avait été pris sans même se parler. Des chiffres écrits, sans doute mystérieusement par des elfes, sur l'écran de leurs pensées...Ceux-ci allaient les lier en coups de fils téléphoniques et les plonger en multiples escales dans une fusion de sensualités que même les ondines royales et les poissons volants n'auraient jamais pu imaginer.

Une première nuit. Une nuit qui allait être suivie de trente autres avant qu'ils ne puissent davantage se goûter. Plus que magies ou féeries de contes de Shéhérazade ce furent trente nuits mirifiques en cortèges de voluptés. Tous deux irrésistiblement aimantés par des bouquets de parfums distillés par le pistil de roses enguirlandées de petites perles mouillées sous la musique suave de la poésie érotique de David...

Comment croire que cette histoire n'était pas une légende contée tellement tous deux étaient illuminés de tant de magiques sensualités?

Pourtant d'une manière tout à fait impromptue, le premier souci de Sandrine, une fois un premier cortège de prémices magiques passées fut de confier à David :

" David...j'ai deux enfants. Je sais que jamais aucun homme ne voudra s'en encombrer. " Je le sais..." répéta la jolie jeune femme à présent soudain en mère responsable métamorphosée.

David entendit ces mots chuchotés par la jeune femme au fatalisme éprouvé.

" Allait-il, lui aussi, déjà fuir ? " se demanda Sandrine.

- Vous avez deux enfants ? Comment s'appellent-ils , demanda simplement David.

 

...David est retourné s'asseoir au creux du vieux chêne. Il a longé le ruisseau champêtre comme Sandrine l'avait fait quelques mois auparavant. Les racines de l'arbre lui rappellent le berceau qu'elles formaient pour tous les deux.

... Ses deux enfants...Oh ! oui il se rappelle ! Ses deux enfants qui couraient dans tous les sens, pleins de vie. Il se revoit jouant ensemble tous les trois, partageant leurs rires et leurs jeux. Il revoit leur visage. Astrid, attentive et appliquée, se mordant et tordant sa langue en dessinant sa maman... Adrien, assis à côté, hilare devant les Simpson collés sur l'écran de télé. Il revoit leur bonheur dans leur course vers lui lorsqu'il arrivait, et les étoiles qui brillaient dans leurs yeux lorsqu'ils sautaient dans ses bras et leurs cris de joie lorsqu'il les embrassait...

Il pense à nouveau à la petite sirène des bois la première fois qu'ils s'étaient trouvés...ici sous le murmure du ruisseau et le chant des premiers oiseaux du printemps qui tintinnabulait comme une naissance pour eux deux.

Il se souvient...Et alors sans détours, tout à coup, son coeur pardonne. Et alors sans détours, tout à coup, son coeur oublie. Et alors sans détours, tout à coup sa tête pardonne. Et alors sans détours, tout à coup, sa tête oublie. Cette petite note si discordante, si puérile en somme, eu égard à un Amour infini, s'éteint d'elle-même. Seul l'Amour reste. Irréductible, infini. Celui de David et sandrine...et il dépose pour elle sur le bord du ruisseau son plus beau poème d'Amour...

 

" Notre magie est trop belle. Je ne veux pas être simplement la cinquième page de ton carnet à spirales. J'aimerai en être l'enluminure...comme toi tu es la sirène de ma mer bleutée.

Je ne veux pas être une simple vague sans saveur marine ni couleur turquoise. Je désire notre île secrète illuminée de poésie, de sensualité extrême, d'émoi souverain, de ce trouble où palpitent l'émotion de nos lèvres et l'arc-en-ciel de nos sens...où respire l'Unicité.

Je désire que le temps suspende son vol pour une harmonie fébrile dans la danse de nos mots et le toucher de nos doigts. Je désire dans nos pupilles cette petite lumière qui brille plus intensément que mille soleils et fait naître dans notre coeur l'inaccessible étoile.

Je désire cette explosion de paillettes argentées puis dorées dans le reflet de l'eau qui ondule sous une pluie d'étoiles et l'éclat tamisé de la lune sur nos corps enivrés.

Je désire de la foudre le coup et du coup la foudre !

Je désire te révéler le don du pinceau sur l'aquarelle de ta peau et la métamorphose de ta fleur secrète en ailes légères de papillon.

 Je désire la source de ton intimité se fondre avec ton coeur.

Je désire que le grand livre d'images ouvre pour toi sa légende.

Je désire...T'AIMER !

 
...L'écrivain replie la page et retourne sur les lignes où Sandrine avait fait part à David de sa hantise de ne jamais voir un homme l'aimer sans accepter ses petits. Il soupire, apaisé, puis il replonge sa plume dans l'encre bleutée d'un avenir sans faille pour colorer la suite de l'histoire des deux amants jamais oubliés.

 

- Adrien et Astrid, répondit inquiète la jeune maman.

David ferma doucement les yeux. Sans rien lui dire, il tenta de les imaginer...

La complicité naturelle des deux amants, cette intimité enchanteresse ne cessait de les sublimer. L'espace de quelques secondes pourtant, lorsqu'elle lui avaitconfié leur âge ( sept et dix ans avait-elle dit ), sous le rideau fermé de ses cils, il avait laissé voyager son esprit vers ces deux enfants dont il ne connaissait encore rien, sinon qu'ils ne pouvaient pour lui que partager une même île de sérénité, de jeux, de bonheur et de Sagesse, soeur siamoise de la leur. Une petite voix qu'il connaissait bien, lorsque son coeur alliait la quête, l'offrande et le partage, lui avait murmuré le fruit de ses ressentis. Mais la rivière de leurs mots en symbiose pour eux deux avait poussé David à rejoindre Sandrine, restée seule le temps d'un vol de libellule sur la tige de la rose galbée qui les reliait. Les visages inconnus de ces enfants retournaient alors se fondre pour une nuit dans le ciel diaphane de ses pensées.

 

Etourdis de senteurs et de saveurs, ils chevauchèrent encore toute une nuit sur le même coursier blanc, parmi les arbres fruitiers de leur île, humant les parfums de fleurs de cerisiers à celles d'abricotiers tout en butinant le pistil de leurs envies.

... Mais il fallait bien que cela arrive. Ils avaient trop soif de se rencontrer, de se voir, de se sentir, de se toucher, d'humer ces sens qui étaient les leurs et qu'ils avaient si bien su captiver, si bien su fondre, si bien su mouler et sentir mouiller dans le nid de l'attente de leur intimité.

Il y avait toujours eu une passerelle dans leurs contes des " Mille et Trente et Une Nuits ". Une passerelle qui reliait le voilier de Sandrine à l'" Ile Magique " de David. Chaque nuit il en tissait une pour elle, elle, dont il sentait le rythme biologique affriander ses envies comme les siennes sur les mêmes arpèges de la nudité de leur désir.


 
 

Rendez-vous fut enfin pris dans cette forêt de Brocéliande. Là aussi au coeur de chênes englandés, il y avait une passerelle qui balançait ses fils d'argent au-dessus d'un ruisseau doré.

 

En ce jour de printemps d'avril, le huit avril ( tel un symbole, ce chiffre est en deux cercles noués ) en ce jour d'avril donc où riait le soleil au-dessus d'ombrages verts, bercé par un vent léger, David était arrivé le premier. Ils savaient tous les deux où se retrouver. Sur un tapis de mousse au pied d'un chêne, près d'un ruisseau, ils avaient convenu de la première couche qui se devait de garder la virginité auprès d'eaux cristallines au point de ne pas même devoir se toucher.

David, assis sur une racine en forme de bras de mer, contempla le chemin ondulant sous une voûte de verdure d'où devait apparaître celle pour qui son âme et son coeur battaient la chamade. Elle apparut enfin. Plus elle se rapprochait de lui, plus ils sentaient tous les deux dans leur poitrine ce même trouble assourdissant résonner de plus en plus fort en coups de cymbales de symphonie féerique qu'ils surent aussitôt ne plus jamais pouvoir oublier.




Telle une étoile qui illlumine un ciel de nuit encore en attente d'être créé, Sandrine foulait maintenant de ses pas cet instant sublime de leur vraie rencontre, alchimie de leur premier émoi.

Ils étaient maintenant l'un tout près de l'autre. " Surtout, SURTOUT ne pas se toucher ! ". Tel était le pacte tacite exprimé. Juste laisser cette magie indéfinissable poursuivre ce voyage sur l'arc-en-ciel de leur bonheur, sans que ces couleurs ne viennent encore glisser sur leur peau en une trop insoutenable tentation. Tout savourer...TOUT SAVOIR SAVOURER, sans se toucher, de ces petites billes de lumière qui fusaient telles des étoiles filantes de leurs pupilles jusqu'à ces brûlures d'escarbilles qui roulaient en torsades d'envies dans la volupté du volcan de leur ventre.

Parfois, l'un d'entre eux, malgré trop séduit, effleurait un lit de peau et se retirait aussitôt.

" Oh ! Je vous ai frôlé ! "s'excusait-elle presque à son tour lorsque ses doigts telles des phalènes par l'odeur de sa peau étaient trop attirés.

Le ruisseau coulait à côté d'eux. Eux, à côté de lui, ruisselaient...

Sans se prendre la main ( il ne le fallait pas ), ils abandonnèrent leur nid douillet. Ils longèrent le cours d'eau, unis en un même diapason. Leur respiration était fébrile et ne pouvait cacher le délice de leur émoi. Elle était fée, il était magicien. Brocéliande était leur pays. Merlin était leur roi.

Ils arrivèrent dans une petite clairière. Le soleil était au zénith et les illumina de sa joie.

Ils allèrent se coucher dans l'herbe. Ce fut pour eux un jardin d'Eden. Une après-midi d'enivrantes senteurs venues se fondre en bouquets de blandices sur l'autel de leur bonheur. Mais de leurs langues ils surent encore garder le mystère de leur saveur...

Lorsqu'ils repartirent de ce havre de jouissances, de bonheur et de paix, Sandrine suivit David d'un pas léger. Elle était dans un état de sublimité exquise et en même temps elle se sentait à côté de lui enfin sereine et rassurée...

 

 

                                 

                                Après avoir câliné l'ambroisie du chêne la petite sylphide

                                              s'en est allée goûter le nectar du ruisseau bleuté

                                                    et déguster les fruits de l'arbre de vie.

 

***

 

 

La "Maison" de Waddine et la "Fontaine de Vie"... 

...Corne d'abondance, fluide magique, richesses intérieures,

nectar et ambroisie de nos plus pures et folles envies.

 

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WADDINE ou LA PRATIQUE DU CONTE

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( Réflexion d'Odile Chollet, membre de l'atelier d'écriture de Christophe Forgeot "Les Chemins du Jour" Néoules).

 

"Toutes nos lectures sont autant de rencontres, portes ouvertes sur des univers différents et spécifiques. Le hasard dépose parfois de minuscules balises sur nos chemins, jalons convergents vers des horizons insoupçonnés, des trouvailles insolites ou évidentes, des liens tissés à notre insu. Quelquefois l'aventure reste sans lendemain, mais il arrive qu'elle creuse son nid, flâne dans notre inconscient et finisse par émerger un beau jour sous une forme inattendue, île au trésor posée sur l 'océan de nos imaginaires.

 Pour l'heure, que vous cherchiez un conte pour enfant ou une fantaisie pour égayer un soir d'hiver un brin morose, partez avec moi dans l'univers d'un prince des mots, d'un magicien intemporel, d'un souffleur d'enchantements...

 Waddine est à l'origine le nom d'un personnage imaginaire, mais à l'existence réelle, même si sa présence est restée occulte...Waddine était le compagnon secret d'un petit garçon à l'âme solitaire, il faut croire. Pour ma part, après avoir lu le conte écrit par Serge Casoetto, j'ai acquis une autre perception de cette transposition; il se pourrait que l'auteur ait un don de voir ce que nous autres, pauvres mortels, sommes incapables de reconnaître.

 En pénétrant dans l'univers de Waddine, le conte, nous arrivons d'abord à Lamina, un village de montagne reculé et intemporel où parvient un beau jour un personnage sans attache ni référence, dont beaucoup commencent à se méfier, comme il est de mise dans les campagnes.

 "En réalité, Waddine parle peu. Il arrive rarement qu'il prononce même un seul mot durant ces visites nocturnes. Le timbre de sa voix est comme celui des sirènes. Ils'évanouit au gré des vagues et du vent..." (page 19).

 Or, le bel inconnu se joue des défiances. Waddine semble posséder un atout inné, un pouvoir de séduction qui s'exerce naturellement sur les différents membres de cette communauté, où habitent comme partout des personnes fort dissemblables.

 Dans une langue colorée et parsemée d'images poétiques, Serge Casoetto présente peu à peu les habitants de Lamina. Car, si les villageois lui ouvrent leur coeur, nul ne parvient à connaître vraiment l'étranger qui s'est installé dans une misérable remise à l'écart du village.

 Cependant, un drame éclate et Gordjaev, chef d'une petite bande de gamins dépassés par leur propre jeu, se retrouve confronté à une terrible responsabilité. Un terrible enchainement de violence que l'auteur évoque en scènes saisissantes.

 "Dans la rue silencieuse, Gordjaev est resté seul. Il s'approche lentement du corps de Samuel, étendu contre le trottoir. La pierre l'a atteint en pleine tempe. Incrédules, les yeux bleus de l'enfant contemplent le ciel et la cime des verts peupliers. Gordjaev se sent profondément seul. Le petit Russe  s'écroule  en pleurs sur le cadavre de celui qu'il voulait châtier. Puis, relevant la tête en hoquetant, Gordjaev le fier aperçoit à travers ses yeux obstrués de larmes une silhouette descendre la petite rue. Il la reconnaît. La longue cape noire efface l'habit blanc de lumière. Waddine s'arrête aux pieds de Samuel, mais ses yeux ne regardent que Gordjaev. Et Gordjaev ne voit plus que Waddine. Alors, Gordjaev Yemkov se lève. Il parait implorer en une soumission la clémence du pèlerin." (Page 29)

 Ce paragraphe me paraît particulièrement explicite de l'intrusion du merveilleux dans une histoire humaine. Si le lecteur ne peut déceler immédiatement la quête qui se dessine dès ce moment, il se posera sans doute des questions. Quel est le sens de cette indifférence apparente envers la victime? La première partie du conte ancre l'histoire et les personnages dans un monde réel où le merveilleux est implicitement distillé pour créer chez le lecteur ce chatouillement d'hésitation qui nous surprend au moment de franchir un passage défendu.

 Les réponses se dessineront progressivement, au terme de multiples péripéties vécues par d'étranges personnages convergeant vers...un lieu secret, île paradisiaque ou repaire bien gardé? Je me garderai de développer plus avant les étapes et les portraits de ces nouveaux protagonistes. il suffit de les accompagner au long de leur quête, voyage fantastique entre deux mondes, où Serge Casoetto ménage de multiples clins d'oeil à la mythologie et à l'Histoire antique. Certains personnages portent des patronymes évocateurs. Nabuchodonosor, Mnémosyne, Sémiramis...Mais aussi Mac Luke ou Gomina, manière humoristique de refuser de s'enfermer dans un genre trop codifié.

 Naturellement ce conte original s'adresse d'abord à de jeunes lecteurs prêts à s'affranchir de l'enfance, qui sauront s'amuser dans le dédale des mondes juxtaposés. En tant que lectrice adulte je me suis rafraichi l'esprit en m'immergeant dans un univers simplement merveilleux qui, sous son aspect ingénu, offre une belle manière de réfléchir à l'authenticité et la sincérité de nos valeurs".

 Reçu par mail. Odile CHOLLET. Atelier d'écriture Christophe FORGEOT. gouttesdo.hautetfort.com/

 

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orchidée

 

Harmonie